Je suis écrivain : éditeurs malhonnêtes, dopage littéraire… Ce milieu est une jungle

Image result for ecrivainLE PLUS. Écrivain, un métier de rêve ? La réalité est bien plus complexe qu’on pourrait le penser. Il y a quelques années, Cédric Citharel a tout plaqué pour essayer de vivre de l’écriture. S’il ne regrette pas son choix, il se montre très critique envers le milieu de l’édition, où il est bien difficile de se faire connaître sans se compromettre. Témoignage.

Cela fait maintenant plusieurs années que j’ai plaqué mon boulot pour devenir écrivain, et je ne le regrette pas. Ce que je déplore, en revanche, c’est ce milieu dans lequel les écrivains en devenir sont prêts à tout (mais surtout au pire) pour gagner en visibilité.

Je ne parle pas des „vrais” écrivains, ceux qui émargent dans une grosse maison d’édition et à qui on verse un à-valoir avant même que leur texte arrive sur le marché. Je parle des sans-grade, de ceux qui ouvriront une bouteille de champagne lorsqu’ils verront leur roman sur les catalogues des grands distributeurs en ligne, mais qui ne savent pas encore dans quel engrenage ils ont mis le doigt.

Il y a des spécialistes du dopage littéraire

Parce que quand on signe chez un petit éditeur, on se dit qu’il a forcément aimé le texte et qu’il est prêt à prendre des risques pour le défendre. On se dit que c’est quand même bon signe. Mais on se trompe. Au mieux, le petit éditeur a lu le texte et il estime qu’il pourra le mettre en vente sans que cela lui fasse trop de travail. Au pire, c’est un escroc.

Dans le premier cas, le texte sera plus ou moins bien corrigé avant d’être mis à la disposition des grands distributeurs d’e-books, voire, pour les éditeurs les plus courageux, d’être lancé en impression à la demande.

Et ensuite… il ne se passera rien. Ce sera à vous d’en faire la promotion, auprès de vos amis, de votre famille, de vos collègues, ou de vos élèves, et une fois cette épreuve passée, votre livre tombera dans les oubliettes de la BNF ou des ventes immatérielles. Pour éviter cet écueil, il vous faudra vous compromettre avec les spécialistes du dopage littéraire.

Se préparer à une vie sociale compliquée

En effet, pour quelques euros, ou pour quelques retours d’ascenseur, des gens bien intentionnés se proposent de „liker” votre ouvrage et de lui mettre un commentaire 5 étoiles sur les plateformes de vente. Si vous disposez d’un blog un peu fréquenté, ils vous proposeront aussi une jolie chronique en échange d’un article sur leur dernier roman.

Et dans cette jungle, il ne faut pas oublier ceux qui se posent en intermédiaires et coordonnent le tout, moyennant des sommes tout à fait modestes. C’est grâce à ces gens-là que d’obscurs ouvrages bourrés de clichés, de passages racoleurs (le plus souvent sexuels) et de fautes d’orthographe trônent au sommet du top 100 des ouvrages électroniques.

Dans le second cas, l’éditeur malhonnête vous fait signer un contrat qui stipule que la correction, la mise en page et la couverture de votre ouvrage sont à votre charge, puis il vendra le produit fini „dans l’état” à quelque treize euros sous format PDF. Là encore, ce sera à vous d’en faire la promotion auprès de vos amis et de votre famille… Préparez-vous à avoir une vie sociale compliquée en tant qu’écrivain !

Faire preuve d’humilité, ne pas abandonner

Alors, comment tirer son épingle du jeu dans cette jungle qu’est le monde de l’édition ? D’abord, il faut un peu d’humilité. Après une carrière prometteuse dans des milieux aussi variés que des ministères ou des ambassades, j’ai compris qu’il ne suffisait pas de savoir écrire pour être écrivain, et j’ai repris mes études pour me retrouver en licence de lettres modernes à plus de 40 ans.

Ensuite, il ne faut pas hésiter à briser les codes. En ce moment, je suis sûr que la „libération” du livre (c’est-à-dire, le fait de rendre aux textes leur statut d’objets culturels et de leur ôter celui de marchandise) passera par le numérique. D’ailleurs, je suis en train de récupérer mes droits auprès des éditeurs pour mettre mes textes en ligne, gratuitement. Ce sera aux lecteurs de décider s’ils veulent faire, ou pas, la promotion de mes textes, et cette fois, cela se fera sans tricher.

Enfin, il ne faut pas abandonner. Dans l’état actuel des choses, des revenus réguliers sont nécessaires pour se lancer dans une carrière d’écrivain. Je le déplore, mais j’invite tous ceux qui souhaitent écrire à tenter l’expérience, quitte à connaître quelques difficultés financières. C’est une expérience formidable, à condition de ne pas laisser le système imposer ses lois.

Mais le système, c’est aussi ce que nous en faisons !

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Édité par Sébastien Billard  

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